La carence en logements sociaux à Sassenage

By | 2 avril 2017

Sassenage est une ville en carence de logements sociaux avérée. Le pourcentage de logements sociaux dans le parc de la commune est aujourd’hui de 11,35%, très loin des 25% imposés par la loi SRU. Cette loi existe depuis l’an 2000. La majorité dirigée par M. Coigné a massivement cons­truit lors des deux précédents man­dats, deux fois plus que Seys­sinet­-Pariset par exemple. El­le a consommé beaucoup d’espaces fonciers, sans se soucier de la loi SRU. D’ailleurs, la majorité a volontairement payé les amendes de retard de la loi SRU (environ 175.000 € par an) en affirmant que ceci était « le souhait des Sassenageois ».

Lors de la visite du Préfet de l’Isère à la commune le 8 mars 2017 (cf article du Dauphiné Libéré ci-contre, daté du 11 mars 2017), cette situation délicate a été soulevée. M. Coigné se plaint des restrictions liées aux risques naturels, qui empêchent la réalisation de nouveaux projets immobiliers dans la commune. Une série de projets est mentionnée dans cet article (Portes du Vercors, Bee-O-Top, GLD, …) et M. Coigné a affirmé que « s’ils avaient été mis en œuvre comme prévu, Sassenage aurait atteint les fa­meux 25% de logements sociaux obligatoires. »

Or, cette dernière affirmation est fausse. J’ai donc écrit la lettre suivante, envoyée au courrier des lecteurs du Dauphiné Libéré :

Pour une politique viable de logements sociaux à Sassenage

Dans votre article du samedi 11 mars 2017, portant sur la visite du Préfet de l’Isère à Sassenage, il y a une imprécision au sujet du pourcentage des logements sociaux (LS). Dans le texte, il est affirmé que « [s]’ils [les projets immobiliers cités] avaient été mis en œuvre comme prévu, Sassenage aurait atteint les fameux 25 % de LS obligatoires […] ». Or, la valeur avancée de 25 % est fausse. Pour le constater, il suffit de prendre les données fournit par l’article lui-même. Sur Sassenage, nous avons aujourd’hui 4889 logements, dont 555 LS. Les six projets immobiliers cités dans votre article sont les suivants (avec le nombre total de logements et le nombre de LS prévus entre parenthèse) : Bee-O-Top (270/95), Portes du Vercors (1700/595), Glériates (88/20), Beaurevoir (143/52), École des Côtes (11/11) et GLD (400/120). Si tous ces projets se réalisent, alors Sassenage aura un total de 7501 logements, dont 1448 LS, ce qui donne 19,3 % de LS. Certes, c’est mieux que les 11,35 % actuels, mais encore insuffisant au regard de la loi SRU (Loi relative à la solidarité et au renouvellement urbains). L’ensemble des projets immobiliers ci-dessous prévoient 34,2 % de logements sociaux. Avec un taux pareil, il faudra construire un total de 7262 nouveaux logements à Sassenage pour attendre les 25 %, et passer donc du parc actuel de 4889 à 12151 logements. C’est irréalisable. La seule stratégie viable pour sortir de la carence à Sassenage serait de combiner des programmes ayant un fort pourcentage de LS avec des transformations des logements actuels. Par ailleurs, cette situation de carence à Sassenage est largement causé par une politique anti-logements-sociaux adoptée par l’administration municipale en place depuis 2001.

Cette lettre n’a pas été publiée dans le Dauphiné Libéré. En revanche, un autre article a été publié le 16 mars 2016 (image ci-contre), contenant une interview avec Yannick Belle, élu du groupe Agir Pour Sassenage, qui reprend les éléments essentiels de ma lettre ci-dessus. En particulier, Yannick Belle voit d’un très bon œil la solution qui consiste « à préemp­ter les ventes de logements anciens pour les réhabiliter en logements sociaux. Dans ce cas, le logement devient immédiatement une unité dans le social. Car, comme la loi SRU impose un pourcen­tage, plus la ville construit et plus le nombre de logements sociaux doit augmenter en conséquence. La réhabilita­tion permet de respecter plus vite la loi ».

Et Yannick Belle de conclure : « Quand même, être l’une des trois villes de l’Isère en si­tuation de carence avérée alors qu’à sa tête se trouve le vice-­président du Départe­ment chargé du logement, symboliquement, c’est mo­che ».

Rafael Laboissière

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