Voeux Sassenage 2018 : « Une politique de merde »

By | 16 janvier 2018

Et oui, Christian Coigné a prononcé au moins deux fois le mot « merde » lors des vœux, le 12 janvier 2018, au Gymnase des Pies à Sassenage. Ce manque d’élégance n’est pas passé inaperçu auprès des Sassenageois présents à la cérémonie. Certains se sont demandés plus tard, entre un verre de cidre et une part de galette frangipane, pourquoi le maire perdait pied. Il semble poussé dans ses retranchements, peut-être parce qu’il est mis à nu avec le dévoilement de ses indemnités ou parce qu’il a été, à juste titre, condamné pour diffamation. Qui peut le savoir ?

C. Coigné a vociféré contre la « politique de merde menée par l’opposition » qui, d’après lui, a besoin d’exister et ne travaille pas sur les dossiers. Or, toutes les commissions municipales  ont été supprimées en début de mandat et M.Coigné muselle systématiquement les élus de l’opposition lors des conseils municipaux. Malgré tout cela, le groupe Agir pour Sassenage et le CAPS ont travaillé sans cesse sur les dossiers chauds de la commune : les emprunts toxiques (ici, et ailleurs), l’enquête publique sur le projet GLD (ici et ) et l’enquête publique sur l’extension de la carrière Vicat (ici, et ailleurs).

Au lieu d’émettre un message d’amitié et de fraternité, qui serait plus propice lors des vœux, notre maire a préféré pester contre l’État, contre la Métro et même contre la mandature précédente du Conseil Départemental. Ces entités sont à l’origine de tous les maux de la commune : le transfert des compétences, les délais des chantiers sur les voiries, les blocages sur les projets immobiliers, les impositions sur les taux de construction de logements sociaux, le manque de planification des transports en commun, la baisse des dotations, l’extinction de la taxe d’habitation et j’en passe. Comme par hasard, aucune critique concernant la Région ou le Département, du même bord politique que notre maire…

Je vous laisse découvrir l’excellent article de Katia Kazot, journaliste au Dauphiné Libéré, qui reprend en détail la litanie de lamentations de Christian Coigné. Vous pouvez, au passage, comparer les propos de C. Coigné avec ceux de Guy Jullien, maire de Veurey-Voroize, lors de ses vœux 2018, qui appelle à l’arrêt du « Métro-bashing ».

En résumé, C. Coigné nous annonce une année 2018 très dure au niveau budgétaire et sans doute de nouvelles augmentations d’impôts, après la suppression des abattements votée en 2017. Pour ce qui est des emprunts toxiques, il reconnaît la défaite imminente dans la procédure engagée contre Dexia, mais a fait un commentaire, pour le moins cocasse : selon lui, le taux de change EUR/CHF est en augmentation constante et, de ce fait, les collectivités qui ont renégocié leur prêt toxique sont maintenant perdantes, bref  son combat juridique contre Dexia aurait été payant (sic). Ce serait comique, si ce n’était pas tragique. Voici l’historique du taux de change EUR/CHF entre 2007 et 2017 (figure extraite du site fxtop.com.):

[taux de change EUR/CHF entre 2007 et 2017]

L’augmentation mentionnée par C. Coigné est vraie, mais il s’agit d’une reprise lente vers le plateau à 1,2 EUR/CHF que nous avons connu entre 2012–2014. Le taux de change EUR/CHF restera donc au dessous de la barre fatidique de 1,4 et le taux d’intérêt annuel de l’emprunt TOFIX EUR/CHF restera ainsi supérieur à 12% en 2018. Quel chef de famille se réjouirait d’un emprunt avec un taux d’intérêt à 12%? C. Coigné prend décidement ses concitoyens pour des étourdis ou encore pire…

Bonne année à tous, malgré tout.

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